Analyser son jeu et repérer ses leaks

Analyse de main - sng jackpot

 

Comment faire une analyse de main au poker ? C’est une question essentielle. C’est la clé de voûte de vos compétences en tant que joueur. C’est un schéma répétitif mais qui, une fois maîtrisé, vous donne des ailes. Si vous maîtrisez ce processus d’analyse, vous saurez jouer dans n’importe quel format.

Analyse de main : en mode « no brain » ou « retrospective » choisissez votre camp

Pour introduire ce sujet, je distinguerais deux façons de penser et de jouer au poker.

Le jeu par imitation « no brain »

C’est celui qu’emploient les débutants sans analyse de main. C’est bien normal puisque c’est la méthode qui fait progresser et qui donne des résultats le plus rapidement . En gros, le jeu par imitation consiste à reproduire les moves en suivant des règles simples et faciles à retenir.

Par exemple : « on 3 barrel toujours top paire » ou bien « ne jamais bluffer un fish » mais encore « il faut toujours payer 3ème paire au flop en heads up hors de position ». En petite limite, cette façon de faire est confortable. Le joueur débutant évolue dans un cadre solide et gagnant. Cela lui évite d’être trop « créatif » dans ses moves pour éviter les spews.

Mais quelle est la limite à cette méthode ? Elle empêche le joueur de « réfléchir ». Le but étant de l’amener à la phase plus avancée : le jeu par retrospection.

Le jeu par retrospection

C’est ce que font les joueurs confirmés. L’art du joueur de poker confirmé est de savoir réaliser les étapes suivantes les unes après les autres pour aboutir au move le plus rentable :

  • collecter les informations à sa disposition
  • conserver les bonnes informations et s’écarter des mauvaises
  • assembler et entrecroiser les bonnes informations entre elles
  • affiner la range adverse par déduction
  • comparer la rentabilité des moves possibles
  • faire le meilleur move

Le processus de décision

Il existe différentes formes d’information pour l’analyse de main. Certaines seront plus fiables que d’autres, certaines plus fréquentes et d’autres plus rares. A vous de savoir lesquelles conserver dans votre analyse. Chaque ligne représente un engrenage de votre machine à penser. Pour vous donner des pistes, voici un exemple de processus de réflexion.

Preflop :

  1. Déterminez la range adverse preflop : l’information est donnée par le HUD. En l’absence de HUD, prenez la range par défaut généralement utilisée par le field et le profil du joueur.
  2. Comparez la rentabilité de votre main preflop (raise all-in) avec la rentabilité postflop (call ou raise no all in).
  3. Choisissez le move le plus rentable preflop.

Si vous jouez postflop, pour chaque street :

  1. Déduisez la range adverse en fonction des actions de la street précédente en commençant par éliminer les combos qui n’ont pas été joués à la street précédente. 
  2. Déterminez l’équité de votre main et sa jouabilité future. Déterminez aussi où se situe votre main parmi la totalité de votre range.
  3. Déterminer la force de la range adverse avec la texture du flop (découper par groupe de main).
  4. Si vous parlez en premier : anticiper les décisions adverses grâce à la liste de critères ci-dessous / comparez les moves possibles et choisissez le plus rentable.
  5. Si vous parlez en dernier : affinez à nouveau la range adverse grâce à la liste ci-dessous / comparez les moves possibles et choisissez le plus rentable.
  6. Street suivante : revenir au point 1 postflop.

N’oubliez pas que c’est un jeu de déduction : éliminez les combos que n’a pas votre adversaire. Ça sera plus facile ainsi !

Les critères de décision (liste non exhaustive)

Les différents critères d’analyse de main que je liste ici n’ont pas le même poids (la même importance) dans votre processus de décision. Entraînez-vous à chercher en premier le critère de décision le plus important. Intégrez ensuite les critères les moins importants pour affiner.

Les informations du HUD

C’est l’outil idéal pour récolter et classer les informations. Attention toutefois à ne prendre en compte que les statistiques les plus fiables. Par exemple, un taux de Cbet de 80% sur 5 occurrences n’est pas une information fiable. En revanche, 80% de Cbet sur 35 occurrences l’est beaucoup plus. Si vous voulez en savoir plus sur mon avis sur les HUD, cliquez ici.

Le niveau de réflexion de l’adversaire

Vilain est-il suffisamment bon pour avoir conscience de votre range ? Est-il capable de l’interpréter ? Si la réponse est non alors n’essayez pas de « représenter une range » quand vous voulez bluffer. Profitez-en surtout pour abuser un peu sur vos sizings quand vous êtes en value ! Votre adversaire ne saura pas analyser la signification des sizings en fonction de la texture du board.

Le niveau d’agressivité de l’adversaire

Est-il plutôt passif ou agressif ? Déterminez à quel point votre adversaire est capable de bluffer. En général un joueur passif est plutôt honnête. Face à un joueur agressif, quand vous êtes hors de position, slowplayez plus souvent pour le laisser vous bluffer !

Le ratio taille du pot / stack effectif

C’est une donnée très utilisée compte tenu de la nature même du format des sng jackpot. La taille du stack effectif dépasse rarement 6 fois la taille du pot au flop (12 fois pour les pots limpés). Ce qui implique que plus ce ratio sera faible, plus les ranges de bet seront polarisées (le sizing des raises tenderont plus vers des « all-in »). Ces paramètres sont à prendre en compte dans vos décisions.

Les cotes explicites et implicites

Imaginez que vous avec gutshot (sans overcard) au flop et que vilain mise 1 blind dans un pot limpé. Le stack effectif est de 7bb. Devriez-vous payer ? Non parce qu’il faudra gagner 8.5 fois votre mise d’ici la river et ce 100% du temps pour rentabiliser. Etant donné que vous ne pouvez pas gagner plus de 7bb, vous devez vous coucher. Les cotes sont des éléments à connaitre par cœur.

La taille des mises

Voilà une information présente tout le temps sous notre nez ! 90% des joueurs récréatifs choisissent la taille de leur mise en fonction de la force de leur range. Ils jouent en toute transparence et il faut en profiter. Quand ça mise petit, c’est un petit jeu (mains moyennes et mains faibles). Quand ça mise cher c’est top paire et mieux.

La jouabilité de la main

Pensez à la texture du board en vous posant les questions suivantes : Le flop va-t-il se compliquer turn et river assez souvent ou rarement ? Votre main sera-elle donc fréquemment fragilisée ou pas du tout ? Au plus les streets suivantes vont vous compliquer la vie, au plus tôt vous devriez engager votre tapis.

La force relative de votre main et son équité

Votre main sera-t-elle souvent fragilisée à la turn et à la river ? Combien de streets de value allez-vous prendre ? par exemple, si vous savez que votre main aura de faibles chances d’être fragilisée et que vous ne pourrez tirer qu’une street de value alors il faut plutôt checker.

La force de la range adverse

La range de vilain est-elle plutôt capée ? C’est à dire sans le top de sa range ? Alors vous devriez songer à bluffer plus souvent sur des turn ou des river qui renforcent votre range et affaiblissent la sienne. Attention toutefois à user de cette astuce face à un joueur qui sait interpréter votre range (joueurs confirmés).

La dynamique de jeu

Avez-vous déjà 3Bet bluff plusieurs fois d’affilée ? Avez-vous été pris la main dans le sac ? Dans ce cas, un move EV+ sur le papier peut devenir très dévastateur pour votre bankroll ! On ne joue pas contre des robots (du moins je l’espère). Tous les fishs n’ont pas une mémoire de poisson 🙂

L’historique court

Soyez observateur. Avec quelle main vilain a-t-il été à l’abattage précédemment ? Vous ne vous en rappelez pas ? Alors il faudrait être plus attentif parce que vous êtes en train de laisser des informations (et donc de l’argent) sur la table…

La place de votre main parmi la totalité de votre range

C’est un critère destiné aux joueurs confirmés. Si vous avez un joueur qui sait interpréter votre range alors pensez à ce que vous feriez avec les différentes parties de votre range pour ne pas trop « déséquilibrer votre stratégie » tout en restant imprévisible. Ensuite, situez votre main parmi ses différents groupes de main. Pour vous aider à travailler cette compétence, vous pouvez vous tournez vers des logiciels comme Pio Solver par exemple.

Le timing tell

Vilain a-t-il joué vite ou a-t-il pris tout son time bank pour se décider ? En général, un joueur qui prend du temps pour réfléchir a une main à potentiel. Un joueur qui joue vite a plutôt une range polarisée (soit rien soit une main très forte).

Votre niveau de compétence

Il est intéressant de connaître vos limites de compétence. Prenons l’exemple du Cbet au flop. Il se peut que vous ne soyez pas à l’aise avec des moves avancés comme le check back avec certaines top paires au flop pour « équilibrer » votre range. Cela renforce votre range de check back avec des combos forts. Si vous ne maîtrisez pas suffisamment ce concept avancé, ne compliquez pas le coup et faites votre Cbet.

L’EV future

Une décision très close (à la limite du rentable) peut avoir des conséquences dramatiques et vous faire perdre de l’EV pour les prochaines mains. Imaginez que vous décidez de jouer « tricky » (EV proche de zéro) et que finalement votre bluff à la river est payé. Pourtant sur le papier, vous savez que le bluff était plus rentable que le check. Mais le fait de vous être fait « bluff catch » vous met hors de vous, dégradant ainsi la qualité de vos futures décisions. C’est ce que j’appelle l’EV future. C’est en quelque sorte les répercutions d’un move sur la rentabilité des prochaines mains. Pensez aussi que ça peut s’appliquer à l’inverse : vous pouvez prendre une décision EV- dans le but de faire tilter ou de piéger votre adversaire plus tard, rentabilisant ainsi le manque à gagner à l’instant présent.

Autres conseils

  • Restez cohérent : jouez toujours les streets suivantes en fonction de votre résonnement antérieur. Par exemple : vous jugez que vilain n’a pas de pocket paire preflop dans sa range. Alors ne dites pas « j’ai peur des brelans au flop ». Je vois régulièrement ce genre d’erreur. Pensez-y.
  • Simplifiez l’arbre de décision : au plus vous jouez de streets, au plus vous aurez de décisions à comparer. Gardez à l’esprit que votre temps est très limité. En moins de 10 secondes, vous devez prendre votre décision. Parfois, un move simplificateur comme un push preflop vaut mieux qu’un open raise pour aller jouer un flop embarrassant.

Entrainez-vous !

Regardez cette vidéo en pensant aux différents critères de décision de la liste ci-dessus. Je les utilise souvent pour argumenter mon raisonnement lors d’une analyse de main.

 

En conclusion

Il faut beaucoup d’expérience de jeu pour s’habituer à prendre en compte tous les critères de décision. C’est pourquoi je recommande de privilégier le temps de jeu au temps d’étude (généralement 80/20) pour vous entraîner à l’analyse de main.

Avec le recul, je me rends compte que parfois les joueurs se prennent la tête entre eux pour savoir qui a raison ou qui a tort. Comme s’il n’y avait qu’une seule réponse parfaite. Le poker est un jeu à informations incomplètes. Donc, seul celui qui verrait les cartes de son adversaire et connaîtrait ses réelles intentions pourrait en déduire la réponse idéale.

Pendant vos reviews, fuyez les conversations sans fin pour savoir qui est le meilleur à ce petit jeu. Si vous avez du mal à trancher, demandez vous plutôt quelle est la manière de réfléchir la plus pertinente ? Quelles sont les bonnes informations à prendre en compte ?

N’oubliez pas aussi que deux décisions différentes peuvent avoir le même niveau de rentabilité ! Par exemple : se coucher ou payer peuvent avoir une EV nulle ! Dans ce cas, préférez vous coucher pour ne pas subir la variance !

Sur ce, je vous laisse avec ma petite phrase du jour :

Il ne s’agit de savoir qui a tort ou a raison sur la décision, mais de savoir qui réfléchit le mieux

 

Quels autres critères de décision aurais-je oublié d’en parler ?

Répondez moi dans les commentaires. Ça me permettra de créer plus tard un article en complément de celui-ci et ça fait avancer le schmilblik 🙂

 

Boostez votre niveau de réflexion avec mon HUD spécial sng jackpot

Jouer avec un HUD vous permet d’écarter vos doutes. Quoi de mieux pour vous réconforter dans vos moves ! Vous avez accès aux informations cachées de votre adversaire, vous donnant un avantage considérable sur lui.

Vous voulez l’essayer ? Il est gratuit pendant 15 jours en remplissant le formulaire ci-dessous.

 

Comment trouver ses leaks avec le HUD

Comment trouver ses leaks avec le HUD ?

On m’a souvent demandé comment je fais pour connaître mes forces et mes faiblesses dans ma stratégie globale. Alors voici l’occasion pour moi de pouvoir y répondre.

Vous vous en doutez sans doute, l’une des façons les plus efficaces de le savoir consiste à utiliser un HUD. Dans cet article, je m’appuierai sur mon tout nouveau HUD Eagle fraîchement conçu pour étayer mes explications.

Pour rester clair et concis, je ne vais passer en revue les centaines de stats qu’il faudrait traiter. Cependant, je vais vous donner des explications sur les stats qui, de par mon expérience de coach, posent le plus de problèmes aux joueurs.

Comme je sais que bon nombre d’entre vous n’utilise pas forcément de HUD pour jouer en petite limite, cet article vous permettra peut être de vous réconcilier avec l’utilisation des HUD. C’est un outil indispensable pour progresser. Sans lui, on ne peut pas progresser. Ce qui explique les longs mois de solitude avec un Chip EV qui stagne sans jamais pouvoir up de limite.

Allez, rentrons dans le vif du sujet ! Voici un pêle-mêle de leaks les plus répandus (liste non exhaustive).

Trouver ses leaks preflop au bouton 3 way

Le bouton 3 way est la position où l’on gagne le plus d’EV. C’est la position la plus confortable pour jouer en SnG Jackpot : on a tout le temps la position mais surtout, il y a l’opportunité de voler 1.5 blinds !

Le VPIP :

Un bon VPIP se situe aux alentours de 40%. Avec un stack supérieur à 20bb, les Open Raise devraient se situer à environ 37%. Les 3% restants étant habituellement réservés aux Limps ou aux Open Shove avec les Pocket Paires. Je recommande que le VPIP reste constant entre 8bb et 25bb. Donc si vous êtes loin d’un VPIP de 40%, vous avez probablement un problème de structuration de range.

Les Limps :

Lors de mes coachings, je vois parfois des joueurs trop limper au bouton. Je ne le recommande pas surtout en petite limite. Pourquoi ? Eh bien, parce que les joueurs de petite limite ne 3bet en général pas suffisamment. De plus, ils sont soit trop looses, soit trop nit. Ce qui met une place d’honneur à l’Open Raise contrairement au Limp.

Cependant, rien n’empêche de s’adapter si l’on a, dans les blinds, des joueurs agressifs sur les 3B. Dans ce cas, on va plutôt limper entre 12bb et 16bb des mains comme les broadways du style KQs, KJs, T9s, etc. Vous savez… Toutes ces mains qui sont trop fortes pour être fold face à un 3Bet. Le limp permet justement de payer un Iso Raise tout en ayant un Stack to Pot Ratio satisfaisant au flop.

Donc attention à ne pas dépasser 10% de limp quelque soit le stack effectif.

Trouver ses faiblesses preflop au bouton Heads Up

Le VPIP :

Eh oui, encore ce bon vieux VPIP ! Pourtant c’est un indicateur majeur non seulement pour savoir à qui vous avez affaire (fish ou reg) mais aussi pour savoir si vous lâchez trop de blinds à votre adversaire. En gros, les VPIP inférieurs à 80% sont une preuve de leak. Je dirais qu’entre 80% et 95% vous êtes bien.

Le Fold to Open Raise :

Là aussi, c’est une stat convergeant rapidement. Si vous avez un taux de fold supérieur à 40% c’est que vous vous faites clairement exploiter. Je recommanderais un fold se situant entre 25% et 40% grand max (dans le cas où vous êtes confronté à un joueur très nit).

Pour y remédier, regardez du côté des 3Bet. Il est probable que vous ne relanciez pas assez votre adversaire mais ce sujet fera l’objet d’un autre article.

Le Fold to Check-Raise :

Même si je reconnais que les taux de check raise du field ne sont généralement pas très élevés (aux alentours de 10%), avoir un fold to check raise supérieur à 50% est clairement un signe de faiblesse surtout si vous Cbettez peu. Je parie que vous foldez les overcards comme par exemple QT sur 792 bicolore. Pensez quand même à payer les check raise aux sizings raisonnables (2.5x à votre Cbet).

Le Delayed Cbet Turn :

C’est le spot où vous ne décidez pas de Cbet au flop et que vilain check deux fois (flop et turn). En général, quand le joueur lambda check 2 fois c’est qu’il a soit une range moyenne soit une range très faible.

Sa range moyenne va certes payer au turn mais va souvent lâcher à la river. Quant à la partie de sa range la plus faible, il va directement folder dès le turn.

Il ne faut pas sous-estimer le Delayed Cbet Turn et en profiter pour miser vos poubelles. Avoir un taux de Delayed Cbet Turn inférieur à 35% est clairement un signe de leak. Vous laissez de l’argent sur la table.

Trouver ses failles en BB 3 way

Le taux de Fold contre les Open Raise à 3bb :

Il n’y a rien de plus frustrant que de devoir folder à répétition contre un joueur qui Open Raise 3bb ! Mais est-ce que vous défendez trop ou pas assez ? Comment le savoir ? Si vous avez la chance d’avoir la séparation du taux de fold to Open Raise en fonction du bet sizing de vilain alors tout va bien. Sinon, pas de panique, il suffit de télécharger mon tout nouveau HUD en bas de la page.

Donc attention aux taux de fold supérieur à 70% contre ces gros sizings au delà duquel on devient trop exploitable. Il faut vérifier cette statistique surtout en micro parce que ça arrive assez régulièrement !

L’Iso Raise polarisé vs fish en SB :

Là je m’adresse particulièrement aux joueurs de petite limite. Un leak souvent rencontré consiste à Raise Over Limp trop polarisé, délaissant ainsi une bonne partie de value en check back.

Pourquoi ? Parce que le field à ces niveaux là, a une range de limp SB v BB majoritairement composée de mains moyennes qui vont limp/call et de poubelles qui vont limp/fold. L’adaptation idéale est donc d’iso raise mergé ou dépolarisé. C’est à dire qu’il faut oublier d’Iso Raise avec des bluffs complets ou des mains plus que moyennes (65s, 43s, etc.) mais plutôt relancer à partir de T9s, Q9o, etc.

A ce stade, vous devriez au moins avoir 30% de Raise Over Limp (ou Iso Raise).

Le fold to Open Raise dans les spots de squeeze :

C’est le spot où vous ne devez pas dépasser un taux de fold supérieur à 35%. Dans ce cas, vous laissez de l’argent sur la table tout simplement parce que la cote pour payer est beaucoup plus intéressante que si la SB avait foldé. Vérifiez que le taux de fold dans les spots de squeeze n’est pas supérieur au taux de fold quand la SB ne défend pas.

Comment arrêter d’engraisser le field ?

Blague à part, il faut vraiment passer à l’action sans plus tarder et vérifier tout cela avec un HUD. La petite astuce c’est qu’il est possible de n’afficher que ses propres stats. C’est ce que je recommande de faire au moins deux fois par mois pour vérifier l’état de santé de votre jeu.

Pour se faire, dans Poker Tracker 4, cliquez sur l’onglet « HUD Profile Editor » puis, pour chaque groupe de stat, sélectionner « Hero Only » dans l’option ‘Group Properties ». Cliquez sur « Apply ». Et le tour est joué !

Le mode "Hero Only" pour détecter les leaks grâce au HUD

Le mode « Hero Only » pour détecter les leaks grâce au HUD

 

Un petit cadeau pour vous remercier

Si ce contenu vous plaît, j’écrirai un prochain article qui fera suite à celui-ci où je parlerai de comment s’adapter aux adversaires à partir des stats.

En attendant, vous pouvez déjà trouver vos leaks dès maintenant en téléchargeant ci-dessous le HUD Eagle que je viens tout juste de concevoir spécialement pour le format des SnG jackpot.

J’ai aussi une petite question : mis à part le fait de ne pas avoir assez de stats sur le field… Pouvez-vous m’expliquer pourquoi les joueurs de micro-limite ne trouvent pas utile d’avoir un HUD ?

A la prochaine !

 

Les 8 erreurs à éviter au poker

Les 8 erreurs à éviter au poker – par Thibault Robert

Introduction

Bonjour à tous, je suis Thibault ROBERT, auteur du blog des défis qui nous font grandir, je suis ravi de prendre ma plume pour intervenir sur le blog poker-sng.fr. Dans ce billet, je vais vous raconter mon parcours de joueur de poker amateur éclairé en passant par mes erreurs, mes réussites et les raisons qui m’ont amenées à tenter une nouvelle aventure mais en lien avec le poker. Vous devinerez peut-être au fur et à mesure. Bonne lecture 😉

Au commencement

Tout commence en 2013, alors étudiant en 3éme année à l’Université d’Angers, les parties de poker entre amis se multiplient, j’y prends goût, les différents aspects du jeu me stimulent. Rapidement, j’ai envie de me tester et de progresser, les quelques parties live (en réel) ne me suffisent plus. En septembre 2013, me voilà inscrit sur la première plateforme de poker française (Winamax). A cette période, je suis en colocation et avec mon compère on se rend compte qu’il est possible de se faire de l’argent, des proches y arrivent alors pourquoi pas nous.

Erreur n°1 : Mauvaise définition de mes objectifs

A l’époque mon objectif était de remporter des tournois, j’avais cette idée en tête sans plus de précision. Avec le recul mon objectif était mal défini car je l’avais basé sur un fondement non maîtrisable : d’une part la variance et de l’autre le niveau des autres joueurs.

Pour en savoir plus : planification des objectifs.

Remarque : Passez par l’écrit, écrivez vos objectifs, ce que vous voulez réellement accomplir. De plus, écrivez les raisons pour lesquelles vous devez absolument atteindre cet objectif.

Succès n°1 : Un désir ardent de progression

Revenons à nos moutons : ni une ni deux, j’avale les sources d’information me permettant d’acquérir de la connaissance (vidéos, livres, documentaires, magazines) et je m’attaque à la lecture de plusieurs bouquins (Poker décidez-vous enfin de bien jouer, Poker Cadillac, Kill Elky, Joueur-Né, etc.). Un peu plus tard Poker Mental 1 & 2 de Jared Tendler.

J’avais un désir ardent de progresser et d’y mettre les moyens pour monter les limites. Je savais que la lecture pouvait m’apporter des clés pour progresser et ce fut le cas bien qu’il y ait d’autres moyens plus efficaces. J’y reviendrai un peu plus tard.

Remarque : Le niveau est de plus en plus élevé, ne pas être dans une démarche de progression permanente vous coûtera de l’argent tôt ou tard.

Mes premiers succès

Début 2014, mes premiers résultats commencent à apparaître, je remporte quelques tournois basses limites pour mon plus grand plaisir.

Erreur n°2 : Syndrome de l’excès de confiance

Je perds 1 fois sur 3 la totalité de mes bénéfices les jours suivant ma performance, sûrement dû à un excès de confiance et mes aller-retour en Cash-Game. Pour le moment, c’est juste un passe-temps qui me permet de dégager quelques profits pour des achats « plaisir » et les soirées, rien de bien sexy.

Erreur n°3 : Ne pas se faire coacher

Je pense sincèrement avoir mal utilisé mes quelques gains de l’époque, je les ai surtout utilisés pour des achats « plaisir » (voyages, vêtements) et augmenter ma bankroll (somme d’argent allouée à la pratique du poker). Avec du recul, les achats « plaisir » étaient une erreur lorsque les résultats sont fragiles et peuvent dépendre d’un coup de chance. Au début, on ne sait pas si on crush la limite ou si on a juste de la chance.

Selon moi, ne pas recourir au coaching est une erreur, vous perdez simplement du temps si vous avez les moyens. Pour quelques dizaines d’euros par heure vous avez accès aux personnes qui ont réussi à ce que vous aspirez. Leurs connaissances ont de la valeur et vous permettront à votre tour de gagner de l’argent. Voyez ça comme un investissement.

Remarque : Gagnez du temps et faites vous coacher.

Une passion

Septembre 2014, je file : direction Nice ! Oui le Sud, Monaco, Cannes pour boucler mes études et obtenir mon master. Durant cette période, ma passion déjà bien présente a pris une autre ampleur. J’avais beaucoup… beaucoup de temps. Bien plus qu’auparavant.

Puis peu de temps après, ma petite amie de l’époque me rejoint. Ce qui veut dire vie de couple : ça a son importance.

Erreur n°4 : Aucune planification de mes sessions

Le fait de ne pas planifier mes sessions m’a amené à une pratique envahissante.

Au fur et à mesure, je me perfectionne toujours par essai-erreur, prise de note, tracker, etc. Et hop, juin 2015, je chatte un tournoi et je prends 1200 euros (soit un salaire) et là dans ma tête je me dis : « C’est bon ! Tu es capable d’en vivre ». J’en ai l’intime conviction alors j’investis encore plus. Je me focalise à 100 % et en 5 mois je prend 6000 euros une performance pour moi encore étudiant à l’époque. Il y avait un domaine dans lequel je réussissais. Je pensais, respirais et vivais poker. J’enchaînais les sessions et au fur et à mesure, sans m’en rendre compte, je jouais tous les soirs pratiquement.

Remarque : Il est essentiel de planifier vos sessions et respectez-les. Soyez discipliné avec vous-même.

Succès n°2 : S’entourer de joueurs

En octobre 2015, j’en profite pour m’inscrire dans un club de poker. Je m’inscris au Riviera Poker Club et je rencontre une communauté de joueurs, on échange, discute et on progresse. Ces rencontres m’auront inspiré et fait évoluer mon style de jeu. Dans chaque ville que je fréquentais, je m’inscrivais dans un club de poker (Riviera Poker Club, Angers Poker Club, Paname Poker Club).

Remarque : Pour briser l’isolement, il existe dans beaucoup de villes, des clubs. Allez y et jeter un coup d’oeil. Echanger et enseigner vous fera progresser à pas de géant.

Succès n°3 : Une plutôt bonne gestion du tilt

J’ai mis la gestion du tilt du côté des succès mais c’est à prendre avec des pincettes, vous allez comprendre. Globalement, j’étais peu sensible au tilt lors de mes sessions online, j’avais accepté l’idée que la variance et le poker sont indissociables. Toutefois, j’ai eu quelques mésaventures. Je partage avec vous une petite anecdote qui m’est arrivée lors de mon premier tournoi live que j’ai effectué à quelques encablures de Nice en février 2015.

J’aborde ce tournoi plein d’ambition et de confiance après mes quelques perf’ sauf que… Un joueur plus expérimenté assis à ma table s’aperçoit que c’est mon premier tournoi live et commence par me titiller et en m’appelant “cowboy”. Ce n’est pas une blague ! Au lieu de prendre de la distance et d’en rire, je décide de le jouer à fond et de le titiller. Évidemment, je perds tous mes jetons contre lui ce qui me rend fou. Je prends le volant énervé et file à Nice.

Quelques jours plupart, je reçois 3 PV et 5 points en moins…

Remarque : Les pensées n’ont que le pouvoir que vous leur donnez. Arrêtez de les alimenter et elles passeront. Si j’avais su à l’époque !

Retour à la réalité

Janvier 2016, ma copine me quitte, prise de conscience, gros choc. Eh oui j’avais oublié l’essentiel ! Trop focus sur mon objectif, j’ai délaissé le reste. Un an de pratiques assidues entièrement focalisé sur une seule chose, ça fait des dégâts avec le recul. Je me demande comment elle a pu tenir. A ses actions, ses conséquences ! Il parait que ça s’appelle « loi de cause à effet ». En gros, vous récoltez ce que vous semez. Cette rupture fut une prise conscience par rapport à mon comportement. Selon moi, il trouve sa source dans deux erreurs que j’ai commises.

Erreur n°6 : Croire qu’il faut tout sacrifier pour réussir dans un domaine

Cette croyance aura ses conséquences. Etre trop focalisé sur une seule chose vous fait oublier l’essentiel surtout lorsqu’on a une vie de couple à gérer. Si vous n’aviez qu’une seule chose à retenir de ce billet, j’aimerais que ce soit celle-ci.

Remarque : Avoir une pratique disciplinée et rigoureuse sera bien plus efficace sur le long terme.

Erreur n°7 : Manque de confiance en soi

Je m’aperçois que j’avais besoin de me prouver en permanence que je pouvais gagner, que j’étais meilleur que les autres. J’étais satisfait presque uniquement par la première place. Evidemment cela entraînera beaucoup de frustration encore plus lorsqu’on se spécialise en tournoi.

Erreur n°8 : Ne pas être dans l’instant présent

De ce comportement découlera une autre erreur : celle de ne pas être dans le moment présent. Le poker est une activité très intense émotionnellement. Pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal à passer à autre chose une fois ma session terminée. Lors de mes sessions online, je faisais peu d’erreurs liées au tilt mais je ressassais beaucoup mes mauvaises décisions et c’était très dur de trouver le sommeil après une session.

Remarque : Pratiquez le cool-down.

Succès n°4 : Argent

Janvier 2016, je file sur Paris pour mon stage de fin d’étude afin de clôturer mon Master 2. Le cumul du stage avec la réalisation du mémoire m’éloigne des tables live et online. Pendant 6 mois, je ne joue absolument plus au poker. Fin du stage, début de la vie active, j’ai à nouveau du temps juillet 2016. Je décide de rejouer un peu et une semaine après : une session à 2600 euros. Il n’en fallait pas moins pour relancer la flamme avec plus de recul cette fois.

De Aout 2016 à Janvier 2017, j’accumule 9000 euros de gain. Je me pose de nombreuses questions ! Est-ce nécessaire d’avoir un job ? Est ce que je peux en vivre ? Est-ce suffisant ? En suis-je capable ?

Les derniers mois étaient prometteurs et me permettaient peut-être d’envisager d’autres jolies performances. Toutefois, j’ai décidé de ne pas tenter l’aventure de joueur semi-professionnel. En janvier 2017, je choisis de m’investir dans une activité salariée et, à côté, de développer mon blog : des défis qui nous font grandir pour plusieurs raisons : tout d’abord je voulais retrouver un rythme de vie plus en phase avec mes aspirations. Deuxièmement, j’avais envie de vivre une nouvelle aventure dans l’événementiel et le blogging.

Pour conclure

Au commencement, mes objectifs étaient de gagner de l’argent, d’avoir un niveau correct et c’est ce que j’ai réussi à faire malgré mes erreurs multiples.

De ce parcours, j’en retire de belles expériences car elles m’ont permis de mettre à jour certaines facettes de ma personnalité et d’en apprendre plus sur moi. Avec le temps, j’ai appris à gérer ma pratique du poker avec mes autres passions.

Mais ce qui m’a le plus apporté ce sont les différentes rencontres. Certaines de ces personnes sont devenues des amis, les sessions du dimanche avec une bonne pizza, y sont pour beaucoup. Ces années de pratique m’ont aussi amené à organiser 2 événements de poker destinés aux étudiants en partenariat avec le Riviera Poker Club (RPC) : une expérience enrichissante dans le domaine de l’événementiel.

Aujourd’hui, cette activité reste une passion. C’est pour cette raison que je participe de temps en temps aux événements live organisés par le club d’Angers, ville dans laquelle je réside. Online, vous me trouverez sous le pseudo de FREEDOOOM lors des quelques sessions du dimanche ! Au plaisir de vous voir sur les tables !

Ce petit récit était l’occasion de me présenter et de vous faire un feedback sur mon parcours de joueur amateur éclairé en espérant que mon expérience vous aidera.

Billet de Thibault ROBERT du blog desdefisquinousfontgrandir.com

 

Question : Quelles ont été vos erreurs dans votre parcours ? Et comment avez-vous pu les corriger ?

J’attends vos réponses dans les commentaires.

Je vous montre les erreurs à ne pas commettre face aux énormes sizings des fishs. Ce sont des spots trop closes pour qu’il soit correct de les jouer. D’autant plus qu’on aura beaucoup d’autres spots plus intéressants à jouer contre le fish.

J’espère que ça vous plaira. N’hésitez pas à me soumettre les spots que vous voudriez que j’aborde.

Enjoy !

Détecter leaks par position

Comment détecter ses leaks par position

Un diagnostic rapide et facile

Si vous voulez découvrir où sont vos forces et vos faiblesses (leaks), alors vous avez sonné à la bonne porte. Car voici ce que je fais personnellement : j’utilise des courbes d’EV réparties par position. C’est facile et rapide !

Voici un extrait de courbe d’un challenge que je m’étais donné sur les spin&go de Pokerstars en 10€. Mon but était d’atteindre 10% d’EV ROI sur 2000 parties.

Comme vous pouvez le voir, j’ai découpé la courbe d’EV chips (en jaune) par position :

  • les courbes bleues sont les courbes en BTN, SB, BB en 3 way ;
  • les courbes rouges sont les courbes en SB et BB en Heads Up.

Vous l’aurez compris, la courbe jaune est la somme de toutes les autres !

Courbe d'Ev chips - Spin&Go 10€

Courbe d’Ev chips – Spin&Go 10€

Quelles sont les bonnes statistiques à avoir ?

Prenons un exemple : les meilleurs joueurs de Spin&Go, d’Expresso, de Twister ou de Jaqkpot sur une limite de 10€ devrait avoir un Ev ROI de 10% (soit environ 90 Cev / tournoi). On devrait avoir les Cev / tournoi répartis de la façon suivante :

  • BTN 3H : 34 Cev / tournoi
  • SB 3H : 3 Cev / tournoi
  • BB 3H : 3 Cev / tournoi
  • SB HU : 30 Cev / tournoi
  • BB HU : 20 Cev / tournoi

Si on fait la somme de tout les Cev / tournoi, on obtient bien 90 Cev / tournoi.

Pour les limites plus hautes (20€ et plus), on observe plus ou moins les mêmes tendances :

  • La courbe de BTN 3H est la plus haute, suivie de près par la courbe de SB HU.
  • Les courbes de SB 3H et BB 3H devraient être break even.
  • La courbe de BB HU devraient être moyennement positive (50 à 70% moins haute que les courbes de BTN 3H et SB HU).

Les bons joueurs de ce format génèrent 7.5% d’EV ROI en 20€, 5 à 6% d’EV ROI en 50€ et jusqu’à 3 à 5% d’EV ROI en 100€.

Comment savoir où sont mes leaks ?

Et c’est là que vient l’intérêt de l’observation de ces courbes : si on voit que l’une d’entre elles ne respecte pas ces derniers points, alors il faut bosser cette position ! Facile non ?

Pas tant que ça puisqu’il faudra alors décortiquer le jeu de la position qui a potentiellement le plus de leaks et ça c’est une autre paire de manches ! Mais pas de panique nous verrons ça dans un prochain article.

Comment obtenir les statistiques ?

Il vous suffit de les télécharger en bas de la page ! Vous retrouverez les courbes que je vous ai présenté : pour le jeu en 3 Way (BTN, SB et BB) ainsi que pour le jeu en Heads Up (SB et BB).

Pour l’installation, c’est facile, il suffit de vous laisser guider par mon tutoriel vidéo en cliquant ici.